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Dossiers aviation 14-18. [1 2 3 4 5 6] pages
 

Série de petits articles sur la première guere mondiale et concernant plus particulièrement : l'aéronautique militaire, le matériel, les techniques, les hommes, etc. Lors de la Première Guerre mondiale à nos jours

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Matos de Pétaf
 

Difficile de trouver de la documentation sur le matériel "aéro" utilisé par ces premiers pétafs. Voici malgré tout quelques infos, qui permettent de se faire une petite idée. Si l'armement "sol" n'évolue que peu tout au long de la guerre, l'armement "vol" ne cesse de s'adapter, aux nouvelles capacités et spécificités de l'aéroplane. Il faudra tout de même attendre le milieu de la guerre, pour voir apparaître du matériel réellement spécialisé. Mais si le matos se modernise, il y a une chose qui elle reste rustique... C'est "l'allure" de ces premiers Pétafs. C'est pourtant grâce à ces hommes-là, que nos frêles aéroplanes vont se transformer en de véritables machines de guerre. qu'il faudra tester, équiper, réparer, puis rééquiper... Pour l'armement "sol" leur tâche était celle d'un véritable artisan armurier, capable de presque tout refaire sur une arme. Voici donc quelques articles sur ce matériel passé dans les mains de ces premiers "armuriers du ciel" [Source photo du bas ]

 

Article du dossier.

    1. Le shrapnel.
    2. Les munitions chimiques.
    3. Les fusées.
    4. Lebel Mle 1886 M93.
    5. Lances-fusées.
    6. Révolver Mle 1892.
 
   

Le shrapnel.
 

"Sharpnel" est le nom d'un lieutenant anglais qui mit au point en 1784, la première munition à sous projectiles de l'histoire. Il s'agissait d'une sphère creuse, remplie de billes et de poudre noire. La mise à feu était réalisée par une fusée à retard rudimentaire. Il était donc nécessaire de correctement régler ce retard, pour que le projectile s'ouvre face aux troupes. Sa portée utile était tout de même de 1100m. En 14-18, ce même principe fut utilisé en début de conflit, par tous les belligérants. L'obus "Shrapnel", monté avec fusée "à temps" (ci-contre), était une munition efficace contre les troupes à découvert, puis contre l'aviation. Mais la guerre de tranchées "s'enterre". C'est alors qu'apparaît la nécessité d'utiliser des explosifs à fort pouvoir brisant. Désormais une enveloppe correctement formée peut générer suffisamment d'éclats, du coup l'ajout de mitrailles devient inutile. Ce type d'obus produisait une détonation qui générait plusieurs centaines d'éclats à grande vélocité (1000 à 1500 m/s pour un obus de 105mm). La munition à fragmentation était naît. En 1916, Afin d'en équiper leurs avions, les Français réalisent des premiers essais avec fusée à perche, montées sur des obus de 75, 80, 90, et 120mm. Ceci dans le seul but d'augmenter le diamettre de dispersion des éclats. C'est donc durant cette première guerre mondiale que la bombe d'aviation à fragmentation devient une arme à part entière. C'est donc l'obus "Shrapnel", qui sans aucun doute reste la munition, qui a le plus inspiré toute une panoplie d'armes basées sur le principe, d'un chargement avec sous-projectiles puis à sous-munitions.

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Les munitions chimiques.
 

Tous les belligérants de cette première guerre vont rapidement développer toutes sortes de munitions (mortier, obus) ou systèmes "fixe" (bombonnes, diffuseurs) dans le seul but de répendre en s'aidant du vent, toutes sortes de substances chimiques (plus de 40 en tout seront téstées). La bombe d'aviation reste en retrait, de cette nouvelle technologie. Les aéroplanes ont une capacité d'emport encore insuffisante. De plus, les essais montreront que ce type de munition pouvait poser problème aux équipages en cas de fuites. Je n'ai pas trouvé trace d'une utilisation massive d'une telle munition par l'aviation française. Les avions restèrent plutôt cantonnés dans des missions de repérage des installations chimiques au front des troupes. Les premières bombes chimiques n'apparaîtront que dans les années 30. Mais ce n'est qu'en janvier 1993, que la France signe une convention interdisant toute acquisition et utilisation d'armes chimiques. Aujourd'hui, il n'y a aucune chance pour que nous puissions mettre en oeuvre ce genre de munition, et c'est bien mieux comme çà !

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Les fusées.
 

Les fusées d'artillerie françaises ne sont pas très nombreuses, mais suffisamment modulables pour s'adapter à toutes les situations. Toutefois, aucune n'est réellement utilisable en "l'état" sur des bombes d'aviation. Car, l'armement du percuteur est réalisé, soit par force centrifuge, soit par inertie au départ du coup. Les premières fusées Air/Sol seront sommairement modifiées. Mais très vite apparaît un moyen sûr d'assurer cette sécurité d'armement. On équipa les fusées d'une éolienne! Une solution simple encore utilisée de nos jours. Elle permet d'armer la fusée à l'aide du vent relatif, et "Sous éjecteur" une pièce fixe l'immobilise pour assurer la sécurité du vol porté. En ce qui concerne la mise à feu, toutes sont à percussion. En début de conflit, les mécanismes ainsi que les relais de transmission sont "lent". Mais dés 1915, la plupart des fusées sont enfin capables de réellement fonctionner en instantané. Certaines pourront être équipées d'un retard court (0.05s) ou long (0.25s). Puis les premières fusées à perches apparaissent, seul moyen à l'époque depuis un avion, de faire exploser des obus "shrapnel", ou autres bombes à fragmentation, et ce juste avant que le corps ne touche le sol.

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Lebel Mle 1886 M93.
 

Bon, faudrait pas croire qu'un pétaf ne travaille que, sur du matériel aéronautique. Hier comme aujourd'hui nous avons la charge de l'armement sol. Et en 1914 les soldats français utilisent une arme presque mythique le "Lebel". Fabriquée en 1886 puis modifiée en 1893, c'est l'arme du poilu, et faute de mieux l'arme des premiers mécanos embarqués. Techniquement c'est le tout premier fusil à remplacer la poudre noire par de la poudre "B" (sans fumée. Son principe de fonctionnement et entièrement manuel, avec culasse calée à verrou fixe. Un fusil puissant et robuste, qui peut contenir dix cartouches de 8mm, dont huit dans le fût, (à ne pas confondre avec le canon :), une dans le transporteur et une dans la chambre. Son seul défaut était le temps de rechargement (pas de chargeur amovible). Il pouvait être équipé d'une billonnette de 50 cm, ou d'un tromblon pour le tir de grenade "VB". Malgré le fait que le Berthier Mle 07-15 M16 le remplaça dès 1916, il équipa certaines troupes de réserve, jusqu'en 1940.

  • Cadence de tir : 12 coups/min
  • Portée Pratique : 400 m / utile : 2 400 m / max : 4 200 m
  • Masse : 4,18 kg
  • Longueur : 1 307 mm
  • Vitesse initiale : 720 m/s

Lebel Mle 1886 entièrement démonté. Tâche réservée aux seuls armuriers de l'époque. Le poilu n'avait qu'a démonté la culasse (composée de trois pièces) pour un nettoyage sommaire.

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Lances-fusées.  

Voici donc les premières armes embarquées par les équipages d'aéroplanes, dont la mission était l'observation et donc, la signalisation des positions ennemies. Les moyens radio sont encore des dispositifs rarement "de série " sur ces coucous volants du début de guerre. Les aviateurs français avaient donc le plus souvent recours à des pistolets lance-fusées de calibre 4 (25mm). Déjà utilisés par l'infanterie, ils étaient un moyen sûr de faire savoir et de se faire voir :). La couleur de la fusée permettait d'identifier l'objectif repéré, ou l'ordre donné. Un fusil sera même mis au point par les ateliers Chobert (Paris) afin d'augmenter la portée insuffisante du pistolet (env. 50m). Mis en service en 1915, il est peu probable que ce fusil ait servi sur avion. Par contre, il n'est pas exclu qu'à l'occasion des premières "rencontres" aériennes, les équipages aient tenté d'utiliser ce pistolet contre des avions d'observation allemands. Forcés de constater qu'ils sont parfaitement inadaptés, ils passeront rapidement à autre chose :)

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Révolver Mle 1892.
 

Le révolver Mle 1892 est fabriqué par les "Manufactures d'Armes de St Etienne". Il est le fruit d'une longue expérience acquise depuis les années 1871, date à laquelle l'armée française décide de s'équiper d'un pistolet résolument moderne. Le premier fut le "Mle 1873", qui subit de nombreuses améliorations en 1874, ainsi qu'en 1885 (ce dernier modèle ne sera pas fabriqué). Au final, le Mle 1892 passera de 11 à 8mm. Ceci afin d'harmoniser les calibres, et permettre aux armuriers d'utiliser l'outillage conçu pour le 8mm Lebel . Le barillet emporte 6 cartouches chargées à la poudre noire. Le tir se fait soi, par "simple action" -> (armement manuel du chien) ou double action -> (simple appui sur la détente). Il est doté d'une sécurité avec chien demi armé, et deux sûretés, permettant de protéger le chien ainsi que les amorces. Le rebond automatique du chien après tir et le débrayage du chien par ouverture de la portière de chargement. Robuste et fiable, c'est l'arme que les premiers officiers pilotes emportèrent à bord (faute de mieux), et bien résolus à ne pas laisser faire une aviation allemande, qui elle aussi observe. On le retrouvera sur tous les champs de bataille, et ne sera retiré du service que bien après la guerre d'Algérie. Une bien belle carrière pour une arme magnifique.

  • Cadence de tir : 12 coups/min
  • Portée Pratique : 25 m
  • Masse : 840 Gr
  • Longueur : 240 mm
  • Vitesse initiale : 218 m/s


Un peu plus d'une vingtaine de pièces composent ce révolver. Certaines pièces comportaient un numéro, correspondant à l'ordre de leur démontage et pour l'entretien courant, rien de plus simple, il suffit de faire basculer le barillet.

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