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Dossiers aviation 14-18. [1 2 3 4 5 6] pages
 

Série de petits articles sur la première guere mondiale et concernant plus particulièrement : l'aéronautique militaire, le matériel, les techniques, les hommes, etc. Lors de la Première Guerre mondiale à nos jours

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Une évolution galopante
 

Je ne vais pas vous apprendre qu'en ce début de XXe siècle tout est à apprendre en matière d'aéronautique. En 1914, les aéroplanes sont faits de bois et de toile et les premiers armuriers ne peuvent les charger que de quelques munitions de mortier légèrement modifiées. Le copilote les rangeait tant bien que mal en cabine pour les larguer à la main. Et en 1918 les aéroplanes deviennent de véritables avions aux moteurs puissants. Bientôt, la toile et le bois laisseront place à la tôle et à l'aluminium. Désormais, les armuriers peuvent assembler et mettre en oeuvre un véritable arsenal de munitions hétéroclites composé de mitrailleuses, canons, roquettes, leurres, et toute une panoplie de bombes qui ferait pâlir un pétaf sur Jaguar. En quatre ans de guerre, la bombe d'aviation va passer d'un poids de quelques kilos, à près d'une tonne, pour la plus grosse ! Les dispositifs de largage deviennent de véritables déclencheurs mécaniques, avec des dispositifs de sécurité en vol porté. Je vous propose donc de découvrir quelques évolutions, ou tentative d'évolution en matière d'armement.

 


Articles du dossier.

    1. Les roquettes.
    2. Les fusées éclairantes.
    3. Les gros calibres.
    4. Les plus grosses bombes.
    5. Un missile sol/sol.
    6. Les bombes Air/Air
    7. Les torpilles
    8. Les déclencheurs.
 

Les roquettes.

Dès le début de la guerre, les aviateurs vont rapidement réaliser, que la mitrailleuse est une arme assez peu efficace face aux solides ballons d'observations allemands. Et c'est un français, Yves le Prieur, un officier de marine, qui va le premier mettre au point une arme bien connue des pétafs "génération Jaguar"; la roquette ! Ici, elle est montée dans un simple tube, où elle est maintenue grâce à la tige qui lui permet de stabiliser sa trajectoire. La mise à feu est électrique, et sa portée utile est d'environs 130m. Elles équiperont en avril 1916 des Nieuport 11. Dès lors, ces roquettes "Prieur" équipant ces avions de chasse, s'avéreront particulièrement redoutables, et ce, grâce à leur propriété incendiaire. Mais il fallait pouvoir s'approcher suffisamment des ballons d'observation. C'est peut-être pour cela qu'elles seront remplacées début 1917 par des mitrailleuses de moyen calibre équipées de nouvelles munitions à têtes incendiaires.

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Les fusées éclairantes.

L'aviation de cette époque ayant pour mission principale, l'observation, les fusées éclairantes sont les premières munitions embarquées. Mais, il ne s'agissait que de simples cartouches pour pistolets de signalisation. Rein de bien excitant pour un pétaf. Mais c'était sans compter avec l'aviation de nuit. Une particularité qui va faire émerger les munitions des plus dangereuses pour nous, armurier. Au début ce sont de simples dispositifs éclairants (parfois étranges ->) équipés d'un parachute et largués à la main au-dessus du champ de bataille ou pour la localisation d'objectifs particuliers. Mais les Anglais vont équiper leur chasseur de nuit, Bristol, d'un véritable système pyrotechnique embarqué. Connu sous le nom de "Holt Flare", ce sont ni plus ni moins que des leurres I.R à base de magnésium, avec une mise à feu électrique et équipés de parachute ou fixés sous perche. Ce dispositif permettait d'éclairer la piste d'atterrissage pendant presque 2min30s. Mais le système fut rapidement abandonné par les pilotes, car trop aveuglant, de plus il générait des ombres mouvantes gênantes. Au fond, tant mieux pour les armuriers, qui connaissaient certainement déjà bien la dangerosité de telles munitions chargées au magnésium.

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Les gros calibres.

On peut facilement comprendre pourquoi les canons embarqués de gros calibre seront peu utilisés durant cette guerre :). Pourtant, l'appui aérien devient rapidement une mission essentielle. Mais en dehors du bombardement les aviateurs ne disposent que de canons d'artillerie dont les caractéristiques et la mise en oeuvre ne sont pas adaptées aux contraintes de l'aviation. Les structures des avions sont "fragiles" et l'armement des canons est le plus souvent entièrement manuel. Toutefois, les alliés feront des essais sur du 20mm, 25mm, 37mm et même du 40mm, sans réel succès, car peu pratique et donc finalement peu efficace. C'est donc la mitrailleuse de petit et moyen calibre qui restera l'arme de prédilection de la plupart des équipages. Les armuriers devront donc attendre que les canons s'automatisent pour manipuler des munitions d'un calibre plus conséquent.

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Les plus grosses bombes.

Voici donc la plus grosse bombe larguée par les alliés lors de la Première Guerre mondiale. Elle est anglaise et son poids est plus qu'honorable pour l'époque, (750kg). Elle est équipée de fusées avec armement par éoliennes, à l'ogive ainsi qu'au culot. Le corps est assez fin, entièrement riveté, et dénué d'anneaux d'accrochage. Quant au seul avion capable de la larguer, c'est un Handley-Page 0/400. Un monument de 30m d'envergure, 20m de long, et pour à peine six tonnes au décollage ! Il pouvait aussi emporter 16 bombes de 50kg montées sous éjecteur à commande mécanique. De plus, il disposait pour sa défense de 3 à 5 mitrailleuses. Haaa ! Enfin un avion d'armurier digne de ce nom ! Seulement, il sera peu utilisé, car mis en service début 1918, il arrive trop tard dans le conflit. Quant aux Allemands, eux largueront la première bombe de 1000 kg sur Londre en mars 1918, depuis un autre monument des airs le Gotha G.V.

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Un missile sol/sol.

Bon, effectivement, que vient faire ici un missile sol/sol ! Eh bien, vous auriez tout à fait raison, s'il ne s'agissait pas du tout premier essai de bombe volante, avec comme base un avion en bois et en toile :). Il est équipé d'un système de pilotage par radio télé commande, auquel est associé un système de gyroscopes, une première à cette époque ! L'appareil est sensé pouvoir porter une charge de 450 kg à plus de 50 km de distance. Et malgré des essais très avancés, les Américains ne réussiront pas à le mettre au point. En 1918 le "missile" fut catapulté et vola en flèche sur plus de 100 m, mais hélas, finit sa course en piquet. Le projet n'aboutira pas, mais permettra d'effectuer les premiers essais de systèmes de guidage, aujourd'hui banals sur toutes sortes d'armements, que nous pétafs assemblons presque 100 ans après. L'histoire est décidément pleine de visionnaires à qui il ne manquait qu'un peu de technologie...

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Les bombes Air/Air.

Bon ! Après l'avion Sol/Sol, quoi de plus logique que de vous présenter une bombe Air/Air. Oui vous avez bien lu, une "bombe A/A". Pour mieux comprendre l'intérêt d'une telle munition, il faut visualiser les cibles à atteindre (Zeppelins et autres ballons d'observation). Ici donc impossible d'utiliser des bombes classiques. Et c'est tout naturellement que la bombe freinée va "naître". La première d'entre elles, la "Ranken Dart" est une bombe cylindrique freinée par un petit parachute. Légères, à peine 0,5 kg puis 2,5 kg. Un atout majeur, car un seul avion pouvait donc en larguer un nombre important. Lorsque la fusée touchait le ballon, celle-ci expulsait une composition incendiaire sur l'enveloppe, au travers des deux "springers " situés au culot. Puis, un allumeur pyrotechnique était mis à feu.
La deuxième version était une bombe incendiaire à grappin. Celle-ci était traînée par un câble jusqu'à ce qu'elle percute le ballon. La bombe se décrochait du câble puis s'ouvrait pour rependre la composition incendiaire sur l'enveloppe. Les deux bombes furent utilisées avec succès en opération par les Anglais après 1915. Toutefois, en ce début de guerre, les avions avaient parfois du mal à atteindre les altitudes auxquelles flottaient ces imposants "plus léger que l'air".

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Les torpilles.

Aujourd'hui la torpille est exclusivement une munition de "Boom" (armurier de la marine). Elle fut pourtant très tôt utilisée par l'aviation. La première torpille volante fut larguée depuis un Farman, par un italien en 1912. Les Français eux réussirent le premier tir en mission opérationnelle en août 1915. Une torpille de 230 Kg est montée sous un hydravion "Short 184" et coule un cargo turc. La torpille Air/Mer s'avérera une arme redoutable. Mais l'hydravion n'est pas un appareil idéal, car il ne peut décoller que par mer calme. Il sera remplacé par le "Sopwith Cuckoo" (ci-contre), il est anglais et emportait une torpille de 365 kg. Il réussit le premier appontage un 2 août 1917 sur le HMS "Furious". Hélas, il fut livré en toute fin de conflit, et ne participa à aucune mission opérationnelle.

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Les déclencheurs.

Cocoricooo ! Le premier déclencheur de série monté sous avion est français. Les "Voisin" du G.B.1 en furent équipés courant 1915, et permettait de monter sous fuselage des obus d'artillerie modifiés de 155mm. Ces deniers étant dénués d'anneaux d'accrochage, le déclencheur se résumait en un simple dispositif de cerclage déverrouillable. Celui-ci maintenait la bombe à l'avant, et une simple pièce de retenue maintenait l'empennage. L'ouverture du cerclage était commandée par câble, et libérait la bombe en la faisant basculer. Un peu à la façon d'un réservoir pendulaire largué en détresse. Un déclencheur qui ne permet pas d'assurer la sécurité en vol porté des fusées de ces obus modifiés. Ci-dessus un dispositif qui permettait de ranger les bombes sur rail à l'aide d'un anneau d'ogive.

Avec l'arrivée de la bombe d'aviation, celle-ci sera équipée d'un petit anneau central, dans lequel une tige coulissante permettra à la bombe d'être verrouillée sur déclencheur. Des patins supérieurs réglables en forme de demi-lune maintiennent la bombe, certains sont même équipés de vis calantes. Le pilote au moment du tir , (via une poulie) retire alors la tige, qui libère ainsi les bombes une après l'autre. Lorsque les fusées seront équipées d'un système de sécurité d'armement par éolienne. Une pièce fixe sur le déclencheur bloquera la rotation de l'hélice, pendant le vol porté. Ce qui interdisait tout tir en inerte de la munition.

Par la suite les dispositifs d'emport deviennent de véritables déclencheurs mécaniques indépendants. L'utilisation des premiers viseurs impose la nécessité de libérer la bombe plus rapidement. Apparaissent alors des déclencheurs avec des mécanismes à ressorts, permettant de déclencher le tir et de libérer la bombe presque au même moment. La plupart des déclencheurs n'utilisent qu'un anneau central et semblent être exclusivement commandés par câble. Pas de trace de déclencheurs électriques à l'époque. Quant aux sécurités largables, il semble que certains déclencheurs permettent d'armer ou pas la fusée, mais toujours par commande mécanique.

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