Avant 1914, les grands stratèges de l'armée Française n'avaient aucune confiance en l'aviation. Recourir à ces drôles de machines en tant qu'arme de guerre ne semblait avoir aucun avenir. En voilà une drôle d'idée ! Utiliser un aéroplane pour emporter quelques maigres munitions ! Mais pourquoi faire ? Alors que l'artillerie possédait à cette époque une puissance de feu sans égal ! Et pourtant.... Ce sont les aviateurs eux-mêmes, qui vont démontrer, dès le début de la guerre, que l'aviation est l'arme dont plus personne ne pourra se passer.
De leur propre initiative, ils utilisent toutes sortes de "bombes à main". Les équipages élaborent les premières techniques de largage, alors que les mécanos modifient les munitions, afin d'augmenter leurs performances et de les adapter aux contraintes de l'aéronautique. Et ce n'est qu'en septembre 1914, que Joffre prendra pleinement conscience des capacités tactiques de l'aéroplane. Le 27 septembre est crée le 1er Groupe de Bombardement (GB) formé de 3 escadrilles de Voisin L.A 5 ayant pour mission d'attaquer les objectifs militaires à l'arrière immédiat du front en appui avec l'artillerie. On peut dire que le bombardement fut la première mission offensive de l'aviation française, la chasse "bordel" ne viendra que peu après.
C'est donc avec une totale autonomie, que les armuriers français vont, faute de matériel adéquat, bricoler puis, assembler les premières "bombes" d'aviation. Et ici tout est fait main, même le largage, le plus souvent réalisé par le mécano en place arrière ! Ci-dessous quelques exemples des ces drôles de munitions larguées depuis ces drôles d'avions.